De childfree à maman potentielle

Avoir ou ne pas avoir des enfants. C’est une question que de nombreux couples se posent, mais qu’on perçoit différemment quand on est une femme. Je ne me suis jamais vraiment intéressée à la thématique. Après tout, chacun fait ce qui lui plaît. Jusqu’au jour où au hasard de mes abonnements Twitter, je suis tombée sur le hashtag #childfree. En gros, il s’agit de femmes qui ont décidé de ne pas avoir d’enfants. Je vous rassure tout de suite, je n’ai aucune intention de leur montrer à quel point elles ont tort ou raison. Ces lectures m’ont fait me demander quand, pourquoi et surtout jusqu’à quel point j’avais changé d’avis sur la question.

Je ne fais pas partie de ces jeunes filles en fleur qui ont toujours rêvé de se marier et d’avoir une famille. Heureusement d’ailleurs, puisque j’avais largement passé le cap de la trentaine quand j’ai eu la bague au doigt. Je n’ai pas non plus l’instinct maternel propre à certaines femmes. Je n’ai jamais changé de couches de ma vie, et les rares fois où j’ai donné un biberon, c’est uniquement parce que les mamans ne m’avaient pas laissé le choix. Elles m’ont collé leur bouèbe dans les bras et comme je suis trop bien élevée pour les envoyer paître, j’ai dessiné un sourire crispé sur mes lèvres et je me suis exécutée.

Ce qui m’a donné envie de fabriquer un bébé, bien après mes trente ans, donc, c’est plutôt la curiosité de voir ce à quoi un mélange de Choupy et moi pourrait bien ressembler. (En espérant qu’il ou elle aura le caractère de son père.) J’ai donc abandonné cette pilule qui me tenait compagnie tous les matins depuis l’adolescence. Après avoir tremblé quelques fois après un oubli et un petit retard, me voilà qui espère chaque mois que les Anglais resteront sur leur île. C’est arrivé une fois, mais Junior n’était pas prêt à s’accrocher. Il a quitté le navire après cinq petites semaines, me laissant en larmes au fond de la salle de bain.

Avec le recul, cette fausse couche était une bonne nouvelle. Elle m’a démontré que j’étais vraiment passé du côté obscur de la force. J’ai envie d’un bébé et l’avoir perdu m’a brisé le cœur. Elle m’a aussi forcé à m’interroger jusqu’où j’étais prête à aller pour être mère. Et la réponse est: pas très loin. J’en vois déjà qui froncent les sourcils. Tout un article pour nous expliquer pourquoi elle veut procréer, pour en arriver à la conclusion qu’elle ne veut rien entreprendre pour y arriver. C’est un peu plus complexe que ça.

En gros, je veux laisser Dame nature décider si je suis faite pour être maman. En avoir envie, c’est bien beau. Mais cette envie n’a aucunement développé mon instinct maternel. J’aime toujours les enfants de loin. La seule puce que j’ai aidé à nourrir avec un certain plaisir, c’est la filleule toute fraîche de mon mari parce qu’elle fait partie de la famille, en quelque sorte. Alors la seule façon pour moi d’avoir des enfants c’est par la bonne vieille méthode.

Je ne me vois pas adopter parce que je pense que neuf mois de grossesse ne seront pas de trop pour que le fameux instinct précité, s’il existe, se développe chez moi. Je n’ai rien contre l’adoption, mais je ne me sentirais tout simplement pas à la hauteur. Restent les traitements médicaux qui peuvent aider et qui ne sont pas forcément invasifs. Sauf qu’ils empiètent sur la vie du couple. Je veux continuer à faire l’amour à mon mari et pas essayer de faire un bébé. Je sais que ça peut sembler bizarre, mais de nombreuses femmes qui ont eu de la peine à tomber enceintes m’ont parlé de ce phénomène. Et encore une fois, si la nature ne me permet pas d’avoir un petit, c’est peut-être simplement qu’elle est bien faite, et que malgré mes nombreuses qualités (et quelques défauts), je ne suis pas faite pour être mère.

Je suis aussi persuadée, comme les childfree, qu’on peut parfaitement être femme, heureuse, et ne pas avoir d’enfants. Quand on en veut, c’est sans doute un deuil à faire, mais la vie nous réserve plein d’autres surprises. Des voyages reportés à la majorité des petits, une carrière professionnelle à laquelle beaucoup de femmes doivent renoncer, une vie de couple différente, mais tout aussi enrichissante. Il suffit de savoir embrasser la vie comme elle vient.

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2 commentaires pour De childfree à maman potentielle

  1. Chrystel Ordinaire dit :

    Super beau et très touchant ❤

    J'aime

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