D’Angel à Lestat, les vampires comme on les aime

J’ai toujours aimé les histoires de vampires. Ce n’est pas le côté buveur de sang qui m’attire, mais le côté glamour. Dans la plupart des représentations, les auteurs les décrivent comme éternellement jeunes et incroyablement beaux. Une image qui a des effets tant au cinéma qu’à la télévision. Pourtant, l’imaginaire vampirique varie énormément d’un univers à l’autre.

Angel

Pour commencer, prenons la télévision. Deux exemples, deux mondes très différents les uns des autres. Honneur à la première série de vampires qui ait capté mon attention: l’incontournable Buffy. À part Angel – et Spike, plus tardivement et dans une moindre mesure – les vampires y sont décrits comme des monstres. Dépourvus d’âme, ils ne tuent même pas par plaisir, mais plus par habitude. Ils ont pour objectif le mal absolu. Angel est l’exception qui confirme la règle, mais une exception provoquée par une punition: devoir vivre avec sa condition tout en ayant une âme, donc en étant conscient de l’horreur qu’il représente. Nous avons là des vampires fondamentalement mauvais.

Plus récemment, parlons de Vampires Diaries, qui joue particulièrement sur le côté sexy du vampire. C’est vrai qu’il y a plus désagréable à regarder que Paul Wesley et Ian Somerhalder. Au-delà de cet aspect, les buveurs de sang sont extrêmement différents. Certes, ils peuvent manipuler les humains. Ils ont aussi le pouvoir de renoncer à leur propre humanité. Mais justement, ils ne sont pas des monstres sanguinaires sans conscience. Évidemment, avec deux frères-ennemis en héros, il fallait bien un bon et un méchant, mais sur le fond, Vampire Diaries est beaucoup moins manichéen que Buffy.

un-nouveau-triangle-amoureux-dans-the-vampireAutre différence fondamentale, il n’y a presque pas de morts dans Vampire Diaries. Certes, quelques cadavres jonchent le parcours de la série, mais ça n’est pas systématique. Dans Buffy, par contre, il y a au moins une mort violente par épisode, même si les images ne sont pas très graphiques – on est toujours dans une série pour adolescents. En fait, entre les frères Salvatore et Elena, c’est le triangle amoureux qui prend le plus – et de plus en plus – de place. L’histoire d’amour entre Buffy et Angel n’a pas la même importance. Elle définit la relation entre les personnages, mais c’est la lutte entre le bien et le mal qui est au centre de la narration.

La littérature a aussi présenté les vampires sous de nombreux visages. Ma référence, c’est la Chronique des vampires d’Anne Rice. L’auteur a su créer des personnages très différents, voire antagonistes, bien avant Damon et Stefan Salvatore. Dans Entretien avec un vampire, Lestat est le monstre sanguinaire qui colle à l’imaginaire traditionnel. Louis, par contre, reste un être fragile, qui souffre énormément de sa condition, tout immortel qu’il soit. Au fil des tomes, de nombreux autres vampires font leur apparition. Principal point commun entre tous: ne jamais être totalement mauvais ou fondamentalement bons. Ce sont les nuances de gris qui dominent.

Twilight[i] nous présente des vampires qui veulent vivre au milieu des humains, qui ont fait le choix d’être «végétariens». Attention louable, mais qui fait que, même si je n’ai pas boudé mon plaisir pendant la lecture, je n’ai pas vraiment croché à cet univers. Les vampires doivent avoir un côté sombre pour être crédibles et cet aspect manque énormément dans ces romans.

À mes yeux, le principal défaut tant de Twilight que de Vampire Diaries, c’est de s’opposer au canon de la tradition. Ces deux histoires visent un public adolescent. Du coup, au lieu de trouver un prétexte à la présence d’ados la nuit pour faire face aux vampires, les auteurs ont choisi de permettre à leurs buveurs de sang de se déplacer en plein jour. C’est une offense aux fans de cet univers. Un vampire sous le soleil va prendre feu et mourir. Cette digression est impardonnable à mon avis parce qu’elle remet en cause le mythe lui-même.

Si je devais choisir un vampire et en faire mon préféré, ce serait Angel, sans doute. Parce que David Boreanaz en a fait un personnage tourmenté d’une finesse souvent incroyable. L’acteur a su être éperdu d’amour d’abord, totalement monstrueux ensuite, et profondément malheureux enfin sans jamais qu’on doute de sa sincérité. Dans la littérature, c’est Lestat qui a ma préférence, mais pas tout de suite. Il faut attendre le deuxième tome de la Chronique des vampires pour réaliser tout le potentiel du personnage. Louis nous décrit un être abject, la suite nous présente un vampire très humain, victime de sa condition et terriblement seul. Peut-être parce que pour avoir vraiment de la valeur, la vie a besoin d’avoir une date d’expiration?


[i] Je précise n’avoir vu aucun des films, je me suis contentée de lire la série.
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