Pas touche à mon utérus

On croyait que c’était devenu un droit acquis et que le combat était terminé. Et soudain, en Espagne, ou plus près de nous avec cette initiative nauséabonde sur son non-remboursement par l’assurance de base, l’avortement est à nouveau au cœur des discussions. Ça m’énerve. J’estime que le débat n’a pas lieu d’être, en tout cas pas sur la place publique.

Commençons par énoncer une évidence: personne n’est favorable à l’avortement. Entendez par là qu’aucune femme sur terre n’est jamais tombée enceinte délibérément juste pour le plaisir d’interrompre une grossesse. L’IVG, c’est une solution de dernier recours, une décision lourde qui n’est jamais prise à la légère, par aucune femme, même si elle est persuadée que c’est la meilleure – et même la seule – solution.

La question n’est donc pas de savoir si on soutient ou combat l’IVG, mais si on estime qu’une femme a le droit de disposer de son corps. Si elle peut, en son âme et conscience, choisir de mener ou non une grossesse à son terme. Je ne suis jamais tombée involontairement enceinte. Je ne saurai jamais quel aurait été mon choix. Je pense honnêtement que je n’aurais pas mené une grossesse non désirée à son terme. Je suis surtout heureuse de n’avoir jamais eu à prendre cette décision.

Résultat de la prudence? Oui, en partie. Et de la chance, aussi, un peu. Parce que comme toutes les femmes ou presque, il m’est arrivé d’oublier la petite pastille du matin, mais je n’ai jamais eu à en assumer les conséquences. Si je ne sais pas quel aurait été mon choix, je suis certaine d’une chose: personne n’avait à le faire à ma place. En défendant le droit à l’avortement, je ne fais que laisser chaque femme décider pour elle-même. Certaines sont allées jusqu’à la clinique, jusqu’à la table d’opération même, puis ont changé d’avis. D’autres ont choisi de préserver cette vie en formation dès le départ. Certaines sans doute le regrettent. Parmi celles qui ont opté pour l’avortement, il y a celles qui n’ont jamais regardé dans le rétroviseur. Je ne doute pas que d’autres souhaiteraient pouvoir revenir en arrière et donner la vie.

Quelle que soit l’option choisie, maternité ou IVG, elle est définitive. Il n’y a pas de retour en arrière, ni quand le fœtus n’est plus là ni quand il est né. Pas non plus quand on choisit de donner l’enfant à l’adoption. Dès le moment où elle est enceinte, une femme doit vivre avec tandis que l’homme peut fuir. C’est pour cette raison que, quand bien même il faut être deux pour que la biologie fasse son effet, l’avortement est une affaire de femmes. Bien sûr, dans certains cas, la discussion a lieu en couple. Reste que le dernier mot est féminin, parce que c’est le corps de la femme qui abrite ces cellules qui se multiplient. C’est la femme qui subira l’interruption de grossesse et c’est elle qui vivra avec ce choix.

Je veux que l’IVG reste une option pour toutes les femmes qui en ont besoin. L’idéal serait simplement qu’aucune femme n’en ait jamais besoin. Que l’avortement soit un droit inutile, en somme. Et pour en réduire le nombre, il ne sert à rien d’interdire ou de cesser les remboursements. L’interruption de grossesse n’est pas née avec sa légalisation. Il faut éduquer les jeunes – filles et garçons – et rendre la contraception facilement accessible. Ça n’est pourtant pas insurmontable, non?

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