Chronique littéraire : Mon amie Gabrielle

c2ycsl5xeaq5orh-jpg-largeUne de mes bonnes résolutions pour 2017, c’est de lire davantage et de découvrir de nouveaux auteurs. C’est plutôt bien parti grâce à Mon amie Gabrielle de Cordélia. J’ai découvert l’existence de ce livre avant sa publication, un peu par hasard, sur Twitter. A ce moment-là, l’autrice avait lancé une collecte de fonds en ligne et j’ai décidé d’y participer, parce que je trouvais le projet intéressant. Bien m’en a pris.

Pour résumer sans spoiler, je vous donne simplement le quatrième de couverture :

Salah et Gabrielle avaient 15 ans lorsqu’ils se sont rencontrés au lycée. Ils partageaient la même chambre d’internat. Les années passent, entraînant leur lot de problèmes, de déceptions et de joies. Tous deux ont beaucoup changé. Ils ont grandi.

Il s’agit donc de deux jeunes que le lecteur suit de l’adolescence à l’âge adulte, avec des bons de plusieurs années entre chaque partie de leur histoire. J’ai déjà beaucoup apprécié la construction du livre. Les chapitres alternent entre  le point de vue de Salah et le journal intime de Gabrielle. Cette plongée dans l’intimité de l’héroïne permet d’appréhender ses craintes, ses doutes mais aussi ses rêves et ses espoirs.

Le roman permet de suivre le parcours de Gabrielle, femme trans confrontée bien trop souvent à l’horreur. Nous découvrons la difficulté de mettre un mot sur ce qu’elle est, le rejet des camarades de lycée, l’incompréhension et le dégoût. S’ensuit le parcours de transition et toutes les embûches dont il est pavé: la réaction des autres, les opérations à répétition, le poids de l’administration, la difficulté de s’insérer dans une société qui rejette les personnes trans.

La transidentité est difficile à comprendre pour les personnes cis. Genre et sexe sont si intimement liés dans nos propres corps que nous peinons à imaginer ce que vit une personne trans. Mon amie Gabrielle répond à de nombreuses questions que je n’avais pas pensé à me poser. Il permet aussi de se demander ce qui définit notre genre, au-delà de notre anatomie.

Avant la lecture, il convient de prendre en compte les avertissements. Les trigger warnings relatifs au viol ou à la violence conjugale ne sont pas là par hasard. Gabrielle subit de nombreuses horreurs tout au long de son parcours et si l’autrice a choisi de ne pas les décrire par le détail, elle ne nous les a pas épargnées. Comment aurait-elle pu ? La violence fait partie du quotidien des personnes trans,  à tel point que la journée du 20 novembre est dédiée au souvenir des victimes de la transphobie.

Ce livre est un voyage initiatique. Celui d’une jeune femme et de son meilleur ami, mais aussi celui du lecteur. Chaque personne se retrouvera dans les réactions des uns ou des autres. Les questions maladroites, voire franchement bêtes et hostiles, la gêne, la difficulté de l’utilisation du pronom approprié : toutes ces choses qui font le quotidien des personnes trans. En lisant Mon amie Gabrielle, vous passerez un bon moment et, en prime, vous éviterez peut-être de blesser un être humain par méconnaissance.

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